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Un voyage chez les convers

3 FEV 2009

Michel David

Nous vous invitons à un voyage médiéval chez les frères convers de l'Ordre cistercien. Esquissant ici leur portrait nous espérons que vous aurez envie d'en savoir plus... Bonne route!

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Catherine Chair

Flash actualités

Mars 2019

Projection à Cîteaux du documentaire "Les humbles..." pour l'AG d'ARCCIS, Association pour le rayonnement de la culture cistercienne

L'Ordre cistercien

 

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Le "Nouveau Monastère" de Cîteaux

Eric DELAISSE résume ainsi la naissance de l'Ordre cistercien entre 1098 et 1115:

Né en 1029 et Prieur à Troyes en 1068, le Moine Robert souhaite fonder   une nouvelle communauté plus conforme à sa propre vision de la Règle de   Saint  Benoît (de Nursie) – révélée entre 530/556 - plutôt qu’à celle  observée par l’Ordre bénédictin de Cluny depuis 909, gestionnaire d'à peu près 1000 abbayes et prieurés et fort de 10 000 moines au XIIes.

En 1075 Robert rejoint un groupe d’ermites en forêt de Collan puis installe à Molesmes une nouvelle abbaye au sein de laquelle naissent de grandes dissensions qui le contraignent à émigrer vers un autre lieu où il  fondera en 1098, avec 21 compagnons, une nouvelle communauté qui prendra le nom de « Nouveau Monastère».

Un jeune moine d’origine anglaise, Etienne Harding (1060/1134) intègre en 1099 le Nouveau Monastère, en devient Abbé en 1099 et rédige la nouvelle constitution - La Carta caritatis - d’un Ordre qui attachera son nom au lieu même de son implantation initiale: Cîteaux, et deviendra ainsi, pour l'histoire, l’Ordre cistercien.

                                                                         

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Très rapidement, le nouvel Ordre sera en mesure de fonder ses premières filles : La Ferté (1111), Pontigny (1113), Clairvaux avec le futur Saint Bernard  comme Abbé et Morimond (1115). L’Ordre cistercien connaîtra un immense succès tant auprès des nouveaux moines que des seigneurs soucieux d’attirer une  abbaye dans leur fief. L’essaimage de l'Ordre sera considérable :  351 monastères d’hommes et de femmes à la mort de Saint Bernard en 1153 dans tous les pays de l’Occident chrétien (dont 183 en France)*.

Jean-René LADUREE résume à son tour la situation et les principales caractéristiques de cette époque totalement novatrice, au sein de laquelle l'esprit cistercien trouvera ses champs d'application avec bonheur tant dans l'agriculture que l'industrie et le commerce.

 

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Le recours aux convers

Parlant des convers ante-cisterciens, J-R. LADUREE explique que plusieurs autres ordres avant les Cisterciens ont eu recours à des collaborateurs laïcs en même temps qu’ils exploitaient et imposaient plus ou moins fortement la population paysanne qui environnait leurs  fondations. Mais ces situations restèrent fragmentaires et certains de ces ordres connurent de graves difficultés. 

Ayant tiré les lecons de ces expériences, la nouvelle Règle de Cîteaux réinstaura une disposition formelle de la Règle de Saint Benoît quand au travail des moines et à l’exploitation des terres : le « faire valoir direct   » qui imposait de traiter impérativement toutes les terres possédées par les propres moyens de l’abbaye afin de vivre en autarcie des produits de cette terre. Cette démarche s'appuyait aussi sur la seconde injonction de la Règle de Saint Benoît:"ORA ET LABORA" (prière et travail) qui s'imposait scrupuleusement aux moines.

L’application de cette Règle buta cependant sur une grande difficulté pour les moines, en raison du succès même de la démarche cistercienne auprès des seigneurs: ceux-ci donnèrent en abondance des terres aux abbayes; beaucoup trop pour que les moines eux-mêmes - contraints à la prière et  devant demeurer à l’intérieur de la clôture - puissent en assurer l’exploitation. 

Dom Armand VEILLEUX confirme qu'ainsi les abbayes nouvellement fondées recrutèrent progressivement, sur le terroir environnant, la main d’œuvre dont elles avaient besoin. L’originalité de la démarche fut de proposer à ces recrues un engagement religieux (comportant le prononcé de vœux) conduisant à l’appellation et au statut de « moines laïcs ». Statut qui connut très tôt sa concrétisation dans le texte dénommé "usus conversorum » (Règle des convers) adopté par le Chapitre en 1134.

 

     
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L’économie cistercienne

Bernard PEUGNIEZ puis Paul BENOIT  rappellent que les donations permirent la constitution, autour de l’abbaye, d’un vaste domaine dénommé « domaine temporel » composé de terres agricoles permettant culture et élevage, de forêts, de zones humides – étangs, salins - et au fil du temps de  carrières, de mines, etc … dont l’exploitation et la mise en valeur excéderont largement les besoins propres de l’abbaye.

Les cisterciens excellèrent par ailleurs dans les domaines techniques  en      maîtrisant l’hydraulique et ses applications, l’exploitation minière, la métallurgie, les industries de transformation – cuir, laine... - autant d’activités qu’ils purent développer et rentabiliser au point de fonder  l’immense succès de ce que l’on appelle "l’économie cistercienne". Développement, succès et enrichissement auxquels les convers auront largement participé, comme exécutants d'abord puis, au fil du temps comme responsables, petits contremaîtres pour Robert FOSSIER  encadrant progressivement les mercenarii (salariés).

Lors des périodes les plus fastes, les plus grandes abbayes possédaient un domaine temporel de plusieurs dizaines de milliers d’hectares (Clairvaux 40 000 ha) nécessitant le recours à un nombre considérable de convers – 300 parfois 500 pour un nombre de moines égal au tiers généralement. Ces chiffres sont à confirmer pour les plus grandes abbayes et à préciser pour les plus petites. 

Les surplus de production, rapidement constitués dans tous les domaines, permirent le lancement d’une activité de foires et marchés dans les villes naissantes où furent installées, par chaque abbaye voisine, une maison de ville, relais également situé sur les routes commerciales qui se  développaient sous l’effet de l'essor économique général des XIIe-XIIIe siècles. 

Une préoccupation essentielle du film - que sait-on des convers, au-delà des réponses que le documentaire s'efforcera d'apporter -, apparut très vite avec l'interrogation sur la relation  fondamentale entre cette impressionnante réussite et le statut des convers et la place que leur attribuaient les moines au sein de la communauté monastique. Différentes thèses s'affrontent chez les historiens sur les motivations des uns et des autres: les moines ont-ils "exploité" les convers en tant que main d'oeuvre gratuite? Les convers sont-ils venus pour trouver un toit, une sécurité? Ou bien ce recrutement a-t-il été un moyen pour ces paysans de progresser dans la société des "trois ordres", et de participer à la vie religieuse en devenant des "presque moines"? Quelles étaient leurs motivations, leurs espérances et quels furent leurs vécus ? Le film aborde le sujet en profondeur et expose les différents points de vue.

                                                                       

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L’Ordre cistercien depuis le XIVème siècle

Les historiens sont partagés sur la durée de ce qu’il est convenu d’appeler  "l’âge d’or des convers". Deux siècles pour certains, les convers étant progressivement remplacés par les « mercenarii », 40 ans tout au plus pour Robert FOSSIER d’après ses observations sur Clairvaux.

En tout état de cause le recrutement s'est tari tandis que le mouvement cistercien traversait les crises, guerres et épidémies sur fond historique des Croisades puis de la Guerre de Cent Ans. L'Ordre cistercien faisait face à la concurrence de plus en plus vive des « moines de la ville »,- les ordres mendiants : Franciscains et Dominicains. La plus grande partie des activités agricoles, économiques  et industrielles passèrent en affermage tandis que les abbés commendataires prenaient le pouvoir dans les abbayes.

A la veille de la Révolution française, les abbayes cisterciennes comme  tous les autres établissements de monachisme comptaient de moins en moins de religieux, avec à leurs côtés toujours quelques convers. A la Révolution les abbayes et leurs occupants disparurent, les bâtiments vendus comme bien nationaux et souvent pillés, les personnels dispersés, exilés, massacrés parfois. 

Sous l’Empire, certains sites ont été préservés grâce à une réaffectation industrielle. Une quinzaine est transformée en prison, dont Clairvaux qui l'est encore aujourd’hui. 

Au cours du XIXème siècle, certaines abbayes cisterciennes seront  réoccupées par deux mouvements distincts de l’Ordre:       

Communauté de la stricte observance (OCSO)  – la Trappe – et celle dite de la "commune observance". Aujourd'hui  sont dites «vivantes» des abbayes cisterciennes de France  où vivent, travaillent et prient environ 600 moines et moniales répartis dans 16 comnnuautés. Depuis Vatican 2 (1965) le statut des moines et des convers - car ils existent toujours - est unifié et depuis 2011 les deux Communautés de moines et de moniales travaillent ensemble au sein du même Chapitre.

* Chiffres A. Dimier (in Les moines blancs, Marcel PACAUT) pour 1153, date du décès de Saint bernard.

 

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