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Un voyage chez les convers

3 FEV 2009

Michel David

Nous vous invitons à un voyage médiéval chez les frères convers de l'Ordre cistercien. Esquissant ici leur portrait nous espérons que vous aurez envie d'en savoir plus... Bonne route!

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Catherine Chair

Flash actualités

29 Juin 2019

Marché monastique à l'Abbaye de Clairvaux

La communauté convers

 

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Ce titre « Communauté convers » signifie - c'est ce qui ressort des propos unanimes des historiens s'exprimant dans le film - que les convers d’une abbaye constituent bien une Communauté, la seconde dans l’abbaye à côté de la première, celle des moines, l’une et l’autre composant la Communauté monastique regroupée autour de l’Abbé.

On apprend aussi que les deux communautés sont très distinctes, qu’elles ne se mêlent pas et ne vivent pas dans les mêmes espaces, les moines au sein du carré claustral, les convers dans les granges du domaine temporel. Et lorsque les convers séjournent à l’abbaye, ils ne rencontrent pas les moines. La communauté convers habite « la 2ème maison », l’aile ouest dans l’abbaye dite aile des convers.

Les convers assistent à l’office dominical et «entendent» la messe, comme dit JF Leroux, depuis le fond de l’abbatiale. Ils connaissent et récitent seulement deux ou trois prières tout au plus, accèdent et quittent l’abbatiale par « la ruelle des convers ». J-R. LADUREE et E. DELAISSE nous expliquent aussi pourquoi il est interdit aux moines de leur apprendre à lire.

 

           Qui étaient les convers

A l’exception d’un ou deux convers accompagnant la petite troupe de douze moines et leur nouvel abbé venus fonder le nouveau monastère, les convers d’une abbaye étaient principalement recrutés dans la population paysanne locale du terroir environnant.

Dès 1888 A. Chalvet de Rochemonteix précisait « qu’il fallut songer à utiliser ces milliers de bras qui pouvaient devenir ruine s’ils restaient oisifs, mais …"

Le domaine temporel de l’abbaye s’étendant de plus en plus, le recrutement s’élargira également pour pourvoir les nouveaux établissements dont certains finiront par être très éloignés de la maison mère.

Ce recrutement local de paysans constitue un atout majeur pour l’abbaye en cela qu’ils apporteront à la communauté religieuse nouvellement implantée le savoir faire complet sur les activités agricoles et techniques pratiquées dans la région. Paul Benoit est formel sur ce point lorsqu’il  parle de la roue à aubes de la forge de Fontenay. 

 

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Qui mieux qu’eux, gens du cru, savaient vivre dans ces espaces bien spécifiques des plaines, des forêts, des étangs ou des alpages tandis que les moines, dont le savoir et la culture étaient autres, venaient d’autres régions, souvent fort éloignées comme le montrent les cartes des essaimages.

Ce brassage et cet essaimage, insiste encore P. BENOIT explique la capacité de l’Ordre cistercien à répandre aussi rapidement la connaissance et les innovations techniques

A signaler que les cisterciens s’interdisaient d’exploiter les serfs.

L’exemple décrit par Arnaud DELERCE de l’abbaye d’Aulps révèle un autre aspect de cette relation entre moines et convers. La communauté monastique nouvellement installée dans cette vallée alpine conservera pendant plusieurs décennies son statut et ses pratiques de moines érémitiques habitant de manière dispersée dans des maisons de la vallée. Le seigneur ayant fait don aux moines non seulement de ses terres mais aussi des habitants qui les peuplaient et de ses droits de justice - basse et haute, la cohabitation entre moines et paysans restera informelle jusqu’en 1134, date où la situation sera légalisée et l’abbaye érigée.

Ainsi, postuler et devenir convers supposait d’abandonner son statut civil et d’intégrer le monastère, en renonçant à tout et pour toujours, en bénéficiant du statut de « presque moine » fort recherché et apprécié à cette époque pour ses avantages religieux, comme le précise François BLARY.

 

 

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Leur engagement

Après une période de probation, semble-t-il rigoureuse, d’une année, comme celle suivie par les moines profès, les convers étaient amenés à faire leurs vœux au cours d’une cérémonie que décrit dans le film un texte tiré de « la maison de Graule ».

Le postulant convers prononçait des vœux d’indissolubilité, de pauvreté, de stabilité et de chasteté. Cette cérémonie était pour lui pratiquement la seule occasion de pénétrer dans la salle capitulaire de l’abbaye. Les décisions de la Communauté étaient en effet prises dans cette salle également dénommé « le Chapitre », et les instructions étaient transmises aux convers par le cellérier, ce qui a forgé l’expression encore en vigueur aujourd’hui « ne pas avoir voix au chapitre « .

L’engagement des convers, par leurs vœux, était définitif. Nous n’avons rien appris sur leur fin de vie lorsqu’ils devaient être en difficulté de travailler dans les granges. Quels soins leurs étaient-ils apportés? A propos de l’infirmerie, Jean-Baptiste VINCENT  n’a parlé que des moines et des nécessiteux. En revanche ils auront des obsèques « à l’égal des moines », comme le confirme Dom A. VEILLEUX,  et certains partageront leur sépulture avec un moine ou un abbé. 

 

           Le cellérier

C’est un moine choriste qui, par délégation de l’Abbé, est le « patron des convers » et gère le domaine temporel. On dit aussi qu’il est l‘administrateur de l’abbaye et tient le cellier.

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Si les grandes abbayes comportent autant de moines et de convers, le dimanche, c’est par centaines que se comptent les convives et les questions d’approvisionnement, de conservation des denrées, surtout à cette époque, sont essentielles et complexes.

En tant que responsable du domaine temporel, habilité en cela à quitter l’abbaye et à parcourir la campagne pour visiter les granges, le cellérier est secondé par les maîtres de grange sur l'exploitation, et par les maîtres des convers plutôt chargés des questions religieuses.

Les cartulaires enseignent également que le cellérier est habilité à représenter l’abbaye dans les négociations et conclusions d’actes juridiques.

 

           Les granges

F. BLARY précise, à propos du développement de l'Abbaye royale de Chaalis, que les donations des seigneurs concernent des « terrae », terres vierges de toute exploitation. Ce n’est que plus tard que l’on parlera de « grangia » - d’où vient le nom actuel de « grange » - employé pour parler des diverses implantations d’activités au sein du domaine temporel de l’abbaye.

Il s’agit du lieu d’habitation et de travail des convers, des bâtiments nécessaires aux différents types d’exploitations agricoles, des ateliers et autres locaux techniques, mines, salines, exploitations viticoles. Un véritable microcosme dit P. BENOIT, comprenant parfois une chapelle, au grand dam des curés des villages voisins qui perdaient leurs ouailles attirés par la chapelle de la grange.

 

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Le Règle initiale porte qu’une grange ne peut pas être éloignée de plus d’une journée de marche de l’abbaye pour permettre aux convers d’y revenir régulièrement. Et que ces dernières  doivent être éloignées les unes des autres d‘au moins 2 lieues (environ 10 km). Mais l’organisation des abbayes, à terme, les conduira à installer des granges dans des lieux très éloignés (plusieurs centaines de lieues) en fonction des activités concernées et de leur localisation spécifique. Thomas POIRAUD évoque cette situation à propos des granges des abbayes rouergates qui par ailleurs gèrent la transhumance ancestrale des troupeaux vers l’Aubrac. 

L’un des dessins de Jérôme BRASSEUR montre également l’implantation dans les villes environnantes des «maisons de ville" dont les convers, ayant beaucoup appris, assureront également la gestion.

Parler d’une abbaye c’est donc, comme l’expliquent Jean-François LEROUX  et Bernard PEUGNIEZ, prendre en compte l’ensemble des installations religieuses, résidentielles, économiques concernées par l’activité de la communauté. Et J-F. LEROUX évoque alors un véritable aménagement du territoire dont l’essentiel est géré par les convers.

A titre d’exemple, le temporel de Clairvaux a compté avant le XIVe siècle, 31 centres d'exploitation, se répartissant en 6 granges maîtresses, 10 fermes annexes, 11 granges plus ou moins spécialisées et 4 centres secondaires, 6 maisons urbaines au moins.

         

  Les humbles à jamais se dérobent

Voilà ce que nous apprennent les onze médiévistes du film sur ceux que l’histoire cistercienne a occultés dès le début, comme le souligne P. BENOIT, en n’en parlant que très peu et en ne les représentant quasiment jamais.

Pourtant le mouvement, son histoire, ses richesses patrimoniales exercent de plus en plus un vif intérêt sur le public auquel est raconté ce qui parfois s’apparente à la légende.

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En conclusion du film, J-R. LADUREE historien et J-F. LEROUX fondateur de « Renaissance de Clairvaux » échangent, - depuis l’immense dortoir de l’abbaye de Clairvaux où l’on dit que 500 convers y auraient couché du temps même de Bernard (+1153) -, autour de ces notions de légende et d’histoire, et du rapport qu’elles entretiennent au sein de la recherche historique et de l’action culturelle.